Le Brésil, une puissance contrariée. Quel futur pour le pays sur la scène internationale?

La géopolitique du Brésil a longtemps été pensée d’un point de vue militaire et donc centrée sur une stratégie d’expansion et de consolidation territoriale. Initiée dans les années 30 par le général Mario Travassos cette militarisation de la géopolitique met en lumière la nécessité pour cet immense territoire, de contrôler ses marges continentales et de lutter contre le risque d’une hyper-littoralisation. Dans les années 50, Golbery do Couto e Silva, un autre militaire, suit son pair, et insiste sur le besoin de peuplement du territoire et de renforcement du flanc continental. Le but est alors de concentrer son influence sur les pays frontaliers et de contrer son rival argentin. Dans la même veine, 10 ans plus tard, le général Carlos de Meira Mattos, sans renier le rôle de puissance tutélaire du Brésil au sud du continent, appelle le pouvoir à mettre l’accent sur la dimension maritime comme vectrice de puissance dans le monde. Cette omniprésence des militaires sur la géopolitique brésilienne va perdurer jusqu’au milieu des années 80. Une géopolitique universitaire se développe ensuite, menée par la géographe Bertha Becker qui entendait sauver la géopolitique trop longtemps monopolisée par la pensée militaire. Le processus de “civilisation” de la géopolitique brésilienne est maintenant terminé. Cette science est devenue très populaire et ses théories sont portées par les universités et les think-tank qui permettent au Brésil de se penser dans le monde en dehors du seul paradigme de la puissance territoriale.

Au moment de s’intéresser au futur du Brésil sur la scène internationale, il semble primordial de comprendre en premier lieu comment s’est construit son repli historique entre ses propres frontières. Nous verrons ensuite quelles ont été les conditions qui ont permis au pays de se développer sur la scène international pour devenir dans les années 2000 un des grands émergents. Et nous aborderons enfin le déclin de la puissance brésilienne, en interne, menant à la récente victoire de l’extrême droite, et sur la scène internationale avec l’abandon du multilatéralisme.

Le Brésil, un géant tourné sur lui-même (1822-1980’s)

Depuis son indépendance en 1822, le Brésil est longtemps resté centré sur sa politique intérieure. Outre l’influence militaire sur le domaine de la géopolitique, ce manque de projection sur la scène internationale s’explique par la difficulté d’unifier un si vaste et si riche territoire.

En effet, la terre brésilienne est immense, elle représente la moitié de l’Amérique Latine et s’étend sur plus de 8,5 millions de kilomètres carrés. Il est par ailleurs entouré de dix voisins et possède une façade maritime immense et ouverte. Ce cinquième plus grand pays de la planète est donc fortement impacté par ce gigantisme, qui fonde sa puissance, mais aussi sa fragilité, et qui influence sa société. Cette abondance dont les brésiliens sont si fiers est amplifiée par la richesse de ses sols.

Le vaste territoire brésilien regorge de ressources naturelles, ce qui en fait un géant énergétique. Le brésil se place aujourd’hui comme une puissance agricole, énergétique et industrielle en Amérique Latine et dans le monde, mais la gestion de ces ressources à longtemps posé problème. Par exemple, le secteur agricole a mis des années à s’organiser pour devenir aujourd’hui le pilier de l’économie brésilienne. La gestion agraire a d’abord été guidée par le régime colonial, dont il a fallu plusieurs dizaines d’années pour s’émanciper, entre 1822 et 1888 environ. Ce développement s’organise sous l’impulsion de la dictature militaire, et à travers la route transamazonienne, qui proposait d’offrir des terres sans hommes à des hommes sans terres”. Le but de cette politique était d’intégrer l’Amazonie et de régler la crise agraire et sociale du Nordeste. Même si ce modèle fut très peu performant, il marqua le début de la réappropriation du territoire brésilien et de ses ressources par son pouvoir interne. En effet, à l’époque, le Brésil est scindé en plusieurs régions dont chacune possède une ressource phare, il y a par exemple le café des plateaux de l’ouest de Sao Paulo ou le sucre du Nordeste pour n’en citer que deux. Chacune de ces régions sont très peu reliées entre elles, et jouissent de meilleures relations avec les pays dans lesquels elles exportent qu’avec le reste du territoire. Ce gigantisme en termes kilométrique et en ressources a engendré dans la politique du pays un long repli sur lui-même, exception faite des exportations agricoles.

Le pouvoir politique brésilien s’est longtemps sentie responsable de garantir sa sécurité intérieure avant toute projection en dehors de ses frontières. La question est bien davantage pour lui de maîtriser son propre espace, d’intégrer sa propre société, ses propres régions, en quelque sorte d’installer sa propre souveraineté nationale. En effet, l’unification de ce vaste et inégal territoire a longtemps été une priorité pour les autorités brésiliennes. Il fallait absolument trouver un moyen de relier les différentes régions du pays afin de créer des ponts entre les populations, mais aussi de créer des corridors pour exploiter au mieux la richesse des sols. La réelle politique interne unifiée au Brésil s’est initiée dans les années 60, sous l’impulsion de l’État et des militaires, à travers l’intégration du territoire amazonien au reste du pays. C’est ce que l’on a appelé, les fronts pionniers qui consistaient au percement de routes dans le but de faciliter l’exportation de bois de la forêt amazonienne. Ces routes ont aussi permis de relier la région Nord du Brésil, peu développée aux régions plus actives comme celle du Sudeste, intégrant les cœurs économiques de Rio et de Sao Paulo. C’est ainsi que la fondation de Brasilia puis de la transamazonienne marque l’administration du territoire brésilien par l’armée, gardienne de l’unité et des frontières nationales, mais surtout vecteur d’échanges internes. Ces routes ayant alors pour but principal d’unifier le territoire, permettront plus tard, de par leur accès aux pays voisins, l’émergence internationale du Brésil.

Ce manque de projection historique à l’international peut aussi s’expliquer par le fait que le Brésil est un pays sans ennemi. Outre son grand rival argentin, qui ne représente plus de danger depuis ses crises successives, le Brésil n’a pas eu l’occasion de développer sa puissance internationale qui naît souvent de la confrontation avec les pays voisins. Son grand territoire, son accès difficile, notamment au niveau de la forêt amazonienne, et son identité particulière, lusitanienne, sur le sud du continent l’a préservé des confrontations et donc de l’obligation d’affirmer son identité à l’international. C’est donc en dehors du prisme de la puissance que se définit la dimension internationale du Brésil ; un empire sans désir d’expansion territoriale.

L’émergence internationale du géant brésilien (1990-2013)

Dans les années 90, le Brésil émerge en tant que géant économique international, porté par l’exportation grandissante de ses matières premières. En 2000, tout s’accélère au rythme de la croissance folle qui agite l’économie du pays. Sur le plan international, c’est la politique multilatérale du président Lula qui marque la présence du pays. Tandis qu’il contribue à transformer le modèle de développement brésilien. Il s’attelle à adapter son pays à la nouvelle donne mondiale et à dynamiser ses relations extérieures.

Alors leader des matières premières minérales, agricoles et énergétiques dans le monde, il s’impose comme leader stratégique de l’Amérique du Sud. Dans cette partie du monde, le Brésil, se positionne comme créateur d’intégration, à la fois conscient de l’asymétrie des ensembles latino-américains, et à la recherche des résultats pragmatiques. Membre éminent du MERCOSUR dont il pèse près de 80% du PIB, le Brésilen attend une intégration économique, commerciale et dans une certaine mesure politique.Aussi membre de l’UNASUR, fondée en 2008 à l’initiative de Lula,à travers lequel il souhaite poursuivre des projets structurants en termes d’énergie, de transports et une sécurité collective, le Brésil a les capacités d’imposer ses visions stratégiques sur le sud du continent. Cette intégration régionale sert aussi d’outil de concurrence économique avec les Etats-Unis et l’Union européenne permettant au Brésil de confirmer son émergence internationale.

Lors de son mandat, entre 2003 et 2011, Lula met aussi en place une diplomatie très volontaire. Depuis sa présidence, Brasilia dispose d’un réseau diplomatique particulièrement étoffé, avec une présence accrue en Afrique, qui vient compléter son horizon d’abord américain puis occidental. Le Brésil devient alors un interlocuteur pacifique en Amérique latine, pour le reste du monde. Depuis le début des années 2000, il a cherché à sortir du rôle de suiveur de l’hyperpuissance américaine, pour devenir un acteur international à part entière, en militant pour l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies et en prenant des initiatives au sein des organes multilatérales. Le pouvoir brésilien tente par ce biais de prendre sa place sur la scène diplomatique en intervenant, par exemple, en 2002 contre la seconde guerre d’Irak. José Bustani, à la tête de cette négociation, fut aussi l’homme qui œuvra pour renforcer le lien stratégique entre Paris et Brasilia, en sa qualité d’ambassadeur du Brésil en France.

Malgré la crise de 2008, et grâce à une base financière assainie depuis 15 ans, le Brésil a été capable, d’afficher une croissance de 7,5 % en 2010, alors qu’elle était quasiment nulle l’année précédente. C’est ainsi, qu’au sortir de la présidence de Lula, le Brésil représente le sixième produit national brut du monde grâce à ses exportations de matières premières et de produits de base. Le Brésil dégage un surplus d’environ 20 milliards de dollars en 2012, et absorbe plus de 65 milliards de capitaux. Par une action internationale tous azimuts, Lula a donc revisité les fondamentaux de la diplomatie brésilienne, a réaménagé la relation Nord-Sud et relancé la relation Sud-Sud du Brésil, en particulier en direction de l’Afrique. Le Brésil devient alors un acteur majeur sur le continent africain. Il y investit largement, notamment en Afrique du sud et en Afrique lusophone. Le Brésil devient la dixième destination des exportations africaines et se positionne en partenaire bienveillant et défenseur du sud. Il se distingue des autres partenaires économiques en mettant un point d’honneur à employer une main d’œuvre africaine, à proposer une véritable aide au développement, et à annuler certaines dettes.

C’est d’ailleurs en sa qualité d’économie émergente et d’acteur politique de premier plan que le Brésil se joint à la Chine, la Russie et l’Inde au sein des BRIC (auquel on ajoutera un S en 2011 avec l’intégration de l’Afrique du Sud). Ces pays dits émergents se mettent en relation pour former une dynamique de développement, et entendent transformer les règles du jeu international alors monopolisé par l’hyperpuissance américaine et plus généralement par les pays occidentaux. Le Brésil se lie particulièrement au géant chinois encore une fois sous l’impulsion du président Lula, et fait de la Chine le premier partenaire commercial du Brésil aujourd’hui. Les deux pays sont dans une relation d’interdépendance, le Brésil a besoin des achats et investissements chinois, et la Chine ne peut se passer des matières premières brésiliennes.

Malheureusement, la croissance du pays est cyclique, et la chute du prix des matières premières en 2014 a fait perdre de sa superbe à l’économie brésilienne et ipso facto à sa position de leader en Amérique du Sud et dans le monde.

L’effondrement interne du Brésil : quel futur international ? (2014-2018- ?)

La croissance fulgurante du pays à l’international a permis de camoufler l’affaiblissement du marché intérieur brésilien, gangrené par des disparités profondes. Ainsi, le Brésil, très fort diplomatiquement avec une économie très prospère, reste un modèle fragile qui ne peut marcher que si l’économie est solide et que le prix des matières premières à l’international permet de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État.

C’est ainsi qu’en 2014, le prix des matières premières s’effondre et engendre la pire crise économique que le Brésil ait vécu. Le taux de croissance du PIB brésilien passe de 3,5% entre 2003 et 2013 à presque 0 en 2015 et 2016. Avec cette récession profonde, l’État ne peut plus redistribuer ses bénéfices et le modèle social de Lula s’écroule. Les populations les plus pauvres sont les premières à en faire les frais, et le soutien au parti des travailleurs s’affaiblit. Le modèle de redistribution initié sous Lula qui a pour motif de booster la consommation intérieure afin de moins dépendre des marchés extérieurs ne s’incarne pas dans la réalité. Il en résulte que la violence de la société brésilienne est de plus en plus marquée, avec de fortes disparités sociales et raciales. Le Brésil est consubstantiellement violent et inégalitaire. Son indice de Gini (qui permet de mesurer les inégalités globales dans un pays) est alors l’un des plus élevés au monde, atteignant un indice de 0,52 en 2015. La politique inclusive du parti des travailleurs n’a pas suffit à endiguer des problèmes sociétaux ancrés. La période de récession économique a donc mis en exergue la violence et les disparités du système brésilien et a engendré la victoire récente de l’extrême droite dans le pays.

Le Brésil de la précarité animé par le ras le bol de la violence et de la corruption l’a emporté aux dernières élections présidentielles. L’effondrement de la droite traditionnelle a cédé la place à l’extrême droite menée par Jair Bolsonaro (qui a échappé au phénomène de la corruption), élu président du Brésil le 28 octobre dernier. Souvent affublé du nom de populiste ou de fasciste par ses adversaires les plus résolus, Jair Bolsonaro représente les menaces politiques qui taraudent les démocrates brésiliens et du monde. En effet, l’actuel président brésilien a bâti sa campagne sur la nostalgie d’une des pires dictatures militaires en Amérique Latine et n’hésite pas à énoncer publiquement des propos racistes, homophobes et misogynes. Viennent s’ajouter à ces éléments de langage perturbants, le refus complet des politiques sociales mises en place par Lula, et une vision économique ultra libérale. Cette posture autoritaire est relativement bien acceptée dans le pays car la violence au sein de la société a atteint son paroxysme. Avec 3 % de la population mondiale, le Brésil concentre à lui seul plus de 14 % des homicides de la planète. Les brésiliens acceptent alors les mesures sécuritaires de leur nouveau président au détriment de leurs droits fondamentaux. Jair Bolsonaro a mis l’accent dès le début de sa campagne sur le problème de la violence endémique au Brésil, et il propose de mettre en place un système hyper sécuritaire. Il souhaite « renforcer la violence pour lutter contre la violence ». Ce que propose Bolsonaro ne sera évidemment pas suffisant pour régler des problèmes qui demandent de revenir sur le mode d’éducation et les fondements même de la société brésilienne. Une montée de la violence étatique et la mise en place d’un système sécuritaire ne régleront rien, pire, la libéralisation de la violence privée prônée par le président est très dangereuse et pourrait faire basculer le pays dans des affrontements sanglants. Cette radicalisation du pouvoir politique en faveur d’un gouvernement libérale autoritaire va changer la politique intérieure du pays et aura pour but de réduire les droits économiques et sociaux de la population brésilienne. Mais qu’en est -il sur le plan international ? Avec un gouvernement composé majoritairement de militaires, d’évangéliques et d’ultra-libéraux, il est clair que la politique extérieure du pays va évoluer, à l’instar de sa place sur la scène internationale.

Le Brésil opte à ce moment pour une extrême prudence, voire précaution, sur le théâtre international. Cette prudence est naturellement accrue par les problèmes internes qu’il connaît et le positionnement bilatéral prôné par son nouveau président. C’est la fin du multilatéralisme brésilien. Puisque le parti des travailleurs était très investi dans les groupes multilatéraux, Bolsonaro opte pour une rupture avec ce modèle et annonce d’ailleurs que le Mercosur n’est pas sa priorité.

Le repositionnement brésilien en politique étrangère s’orchestre par un réalignement vers une subordination assumée aux Etats-Unis. En effet, l’Amérique de Trump fait office de modèle pour le nouveau président brésilien, dont le système ultra libéral coupe idéologiquement avec le parti travailliste associé aux pays communistes. Il choisit aussi de converger avec les Etats-Unis sur le cas du Venezuela qui est pris comme repoussoir. Il y a aussi un rapprochement lié à l’évangélisme, au sujet d’Israël qui représente le pays élu de dieu, et qu’il faut donc suivre, comme pour le cas de Jérusalem.

D’autre part, il risque d’y avoir une rupture avec la Chine puisque selon Bolsonaro, les chinois représentent le communisme. La Chine est pourtant, un investisseur très important au Brésil, c’est pourquoi le président optera pour un positionnement d’entre deux comme il peut le faire avec Israël en soutenant idéologiquement le pays, tout en commerçant avec les pays arabes, le Brésil étant le premier fournisseur de viande Halal. Ce repositionnement du pays face à la Chine passera donc par un rééquilibrage vers le bas de leurs relations, en évitant une rupture complète. En effet, le Brésil est dépendant de la chine pour ses exportations qui représentent plus de 45 milliards de dollars.

Cette position diplomatique d’entre deux peut aussi s’orchestrer en Amérique Latine. D’une part, Bolsonaro veut quitter les organisations multilatérales régionales et aura une politique agressive avec le Venezuela. D’autre part, il sera favorable à une politique de rapprochement avec les pays les plus à droite du continent comme la Colombie ou le Chili.

En ce qui concerne les relations avec l’Europe, l’actuel président brésilien choisit aussi la rupture avec le multilatéralisme, et refuse de faire de l’Union un interlocuteur prioritaire. Il choisit une approche bilatérale et souhaite mettre en place des liens stratégiques renforcés avec des pays choisis comme l’Italie et la Hongrie.

On a longtemps parlé du Brésil comme d’un pays d’avenir qui le restera longtemps ». Cette formule empruntée à Clémenceau, semble être une malédiction prophétique car malgré un développement intense au début des années 2000 qui avait mis cette maxime de côté chez les spécialistes du Brésil, et transformé le pays en puissance émergente, les crises répétitives et l’instabilité interne n’ont pas tardé à fragiliser le colosse brésilien. Ainsi continue l’histoire économique du pays, avec un marché intérieur trop peu développé pour être concurrentiel sur le marché mondial, et qui passe donc d’un essor économique vertigineux à un krach non moins abyssal. Le Brésil est cantonné à un rôle de puissance temporaire, dépendant de la conjoncture économique internationale et affaibli par son instabilité interne.

La devise du Brésil, « Ordem e Progresso », inspirée de la formule d’Auguste Comte, « l’ordre pour base ; le progrès pour but » ne semble pas s’incarner dans un pays qui retrouve l’autoritarisme et le repli sur soi. En effet, sur le plan international, Jair Bolsonaro s’aligne aux pays populistes de l’Amérique du sud et du monde. Le Brésil s’extirpe peu à peu des organisations multilatérales, et risque de devenir un frein dans l’intégration de l’espace latino-américain alors qu’il était au moment de Lula une force de proposition. Il ne faut pas pour autant rompre nos liens avec le Brésil.

Malgré sa fragilité, l’émergence du Brésil a longtemps incarnée, au même titre, que celle de l’Inde ou de la Chine, le changement de paradigme international qui remet en cause le monopole occidental sur la puissance. Et c’est en ce moment, alors que nous traversons une profonde crise au sein de l’OTAN, et en particulier avec notre allié historique, les Etats-Unis, que nous devons privilégier la diversité dans nos liens bilatéraux. Il s’agit pour la France de ne plus être une variable d’ajustement de la puissance américaine, et de développer ses partenariats en dehors du bloc occidental. Le Brésil reste pour la France un partenaire économique et politique de premier plan, et doit le rester. Conserver des liens avec des puissances qui risquent de tourner le dos à la démocratie est aussi une façon pour notre pays de ne pas regarder la montée des populismes sans rien faire. Il ne faut pas sous-estimer l’influence du soft power français dans le monde et accepter les responsabilités internationales qui nous incombent.

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